Article mis à jour le 13 mars 2012.
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Isa Marcelli "Les fleurs que la-bas j’ai vécues", Prix CAFéFOTO 2011

Sensuelle et troublante, la poésie photographique d’Isa Marcelli nous enveloppe pour ne plus nous lâcher. La douceur et l’étrange se croisent et se répondent dans ses photographies souvent intimes, toujours évocatrices de l’apesanteur qui succède aux fulgurances du bonheur, aux chaos émotionnels. Une sérénité s’installe alors. La réalité se nuance et laisse percer rêves et mystères. Du 15 décembre 2011 au 10 mars 2012


Isa Marcelli "Les fleurs que là-bas j’ai vécues"

Sensuelle et troublante, la poésie photographique d’Isa Marcelli nous enveloppe pour ne plus nous lâcher. La douceur et l’étrange se croisent et se répondent dans ses photographies souvent intimes, toujours évocatrices de l’apesanteur qui succède aux fulgurances du bonheur, aux chaos émotionnels. Une sérénité s’installe alors. La réalité se nuance et laisse percer rêves et mystères. A la faveur d’un déménagement et d’une nouvelle vie en milieu rural, l’isolement et le vide ressentis ont été les moteurs d’une exploration physique de son environnement en même temps qu’un voyage intime, révélant graduellement un besoin d’expression par l’image. Une harmonie fragile
Isa Marcelli est tout d’abord sortie de son refuge, au milieu de la campagne, pour aller à la rencontre des arbres, des chemins, des terres en friches ou cultivées, des ruines, des rivières. Mais aussi à la rencontre d’elle même, décrivant ainsi un parcours topographique et intime. Dans ses sténopés, elle se met en scène de manière délicate et onirique. Nous sommes les témoins d’un dialogue entre son univers intérieur et le monde qui l’entoure. La recherche d’une harmonie entre l’intérieur et l’extérieur, ou plus tangiblement entre le « dedans » et le « dehors ». Une acceptation du temps, du silence. De son propre souffle. Comme si les espaces qu’elle traverse rythmaient progressivement sa respiration, à l’unisson de la nature.
L’isolement et la beauté du lieu-dit où elle vit l’ont poussée vers l’extérieur lui permettant paradoxalement d’y exprimer sa propre intériorité. A la lecture de ses images, on ressent une quête d’osmose. Un besoin de communion avec les éléments : la terre, l’air, l’eau. Dans cette maraude photographique autour de chez elle, elle semble trouver une paix intérieure... Mais aussi prendre conscience de la précarité de cet équilibre, de son caractère précieux et fragile.
Car par delà la quiétude, la poésie, une angoisse semble cependant planer. Capture du bonheur
C’est aussi cette conscience de l’instant heureux, mais fugace, que l’on retrouve dans sa série d’images réalisées au collodion sur plaque de verre. Essentiellement consacrée aux portraits de proches et aux natures mortes, cet ensemble suspend lui aussi une émotion : celle du bonheur volatile, éphémère. La capture d’un moment que l’on sait également fragile. Dans ses portraits, Isa Marcelli emmagasine le sentiment de plénitude d’être parmi les siens, l’amour qui la lie à sa famille, à ses amis, l’empathie pour les personnes qu’elles croisent sur son chemin. Ses images sont pour elle la preuve du bonheur. Elles arrêtent le temps. Leur charge émotionnelle est forte et complexe : elles extraient la petite touche de douleur qui donnent encore plus de profondeur à ces instants. C’est cette invisible bulle que saisit Isa Marcelli. D’une expérience intime et personnelle, elle fait des images universelles et nous ramène à nos propres souvenirs, à ces moments de bonheur qui nous font frissonner tant ils sont rares et fugitifs.
Une grâce et une délicatesse que l’on retrouve également dans l’extrême féminité de ses portraits. Le collodion est apparu aussi comme un révélateur de cette dimension et de cette recherche de féminité. Ainsi de ces fleurs ou de ce papillon délicatement posés sur ces corps féminins.

La poésie de l’aléatoire s’inscrit dans la démarche d’Isa Marcelli. Le collodion comme le sténopé, contribuent aux accidents qui peuvent bouleverser chaque image. Le hasard intervient comme le co-auteur invité d’une écriture photographique affirmée, mais ouverte aux aléas. Des voyages immobiles
Quand elle s’éloigne de son environnement proche et des siens, les voyages d’Isa Marcelli demeurent dans ses images intimes, personnels et pourtant incroyablement symboliques et évocateurs. Les plages, les campagnes, les hôtels de bords de mer parlent à notre mémoire collective. Nous faisons alors nôtres les images d’Isa Marcelli et replongeons dans nos jours heureux, retrouvant les senteurs d’une dune ou d’une prairie, la saveur de l’air marin, la rumeur d’une ville de villégiature. Elles nous invitent à vivre l’instant présent, à le conserver comme un bien inestimable et font rejaillir les images mentales de notre propre existence. Leurs superpositions, leur transparence, le flou et la disparition de la matière nous permettent une circulation libre dans des photographies. Elles n’imposent rien. Elles suggèrent le bonheur, nous en ravive l’expérience. Elles sont la preuve de son existence passée, de la possibilité de son avenir. Dans l’objectif d’Isa Marcelli, le bonheur devient sensuel : nous pouvons à nouveau l’éprouver physiquement.

A la frontière du pictorialisme et de l’expressionisme, à l’ombre de l’univers de Sally Mann ou de Sarah Moon, tout semble suspendu dans la photographie d’Isa Marcelli. Chaque image correspond à un interstice, à une émotion naissante, à un geste inachevé. Rien n’est défini, rien n’est imposé. Son univers est intime, très personnel, et pourtant nous nous l’accaparons pour nous y lover, renouer avec la poésie, le rêve, la douceur. Mais vite découvrir qu’il n’est ni évidemment angélique, ni totalement éclatant. La consciense de notre impuissance face à la fuite du temps. L’image comme un réconfort, comme une preuve.
Ajoutées les unes aux autres, souvent soumises à l’aléatoire et à l’accidentel des procédés qu’elle utilise - collodion, sténopé - les photographies d’Isa Marcelli composent ensemble un long poème sensuel et troublant, onirique mais terrien. Au fil des images se dessine un monde. Un monde à part. Pourtant proche et familier.

Isa Marcelli
Même si son univers originel de création est celui de la décoration, l’expression photographique a toujours été latente pour Isa Marcelli. Comme en gestation. Elle s’est toujours passionnée pour l’image et a côtoyé de nombreux photographes devenus amis. En 1996, elle s’installe à la campagne, dans la région de Fontainebleau et commence en 2002 à expérimenter la photographie à travers l’acquisition d’un appareil numérique. Elle se tourne plus tard vers l’argentique et décide parallèlement début 2010 d’expérimenter certains procédés alternatifs dont le sténopé puis le collodion humide sur plaque.
Isa Marcelli est née en 1958 en Algérie. Elle vit et travaille en France.

Expositions
2012 Festival Circulation(s), Jardin de Bagatelle, Paris
2011 « Les Fleurs que là-bas j’ai vécue » (exposition personnelle), Centre Iris pour la photographie, Paris / Prix CAFéFOTO
2011 « Thought Objects » (exposition collective), Museum of Comtemporary Art, Denver, Etats-Unis « The big Picture » (exposition collective), Illiterate Gallery, Denver Etats-Unis / Mois de la Photo, Denver « Isa Marcelli » (exposition personnelle), Wandergalerie, Barcelonel, Espagne
2010 « Droit dans l’objectif », Cabinet Solaro, Paris

Prix
Prix CAFéFOTO 2011
Médaille d’argent catégorie « nu artistique » / Prix de la Photographie de Paris Px3, 2011

Isa Marcelli est représentée par l’agence révélateur / www.agencerevelateur.fr

Du 15 décembre 2011 au 10 mars 2012
Isa Marcelli « les fleurs que là-bas j’ai vécues »

Centre Iris ... pour la photographie
238 rue Saint-Martin - 75003 Paris
+33 (0)1 48 87 06 09
www.centre-iris.fr galerie@centre-iris.fr
du mardi au samedi, de 14h à 19h
Entrée libre

Vernissage le mercredi 14 décembre 2011, à partir de 18h30

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